Alfred Kammer, directeur du département Europe du FMI, au siège de l’institution, à Washington, le 25 avril 2025.

Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, et alors que le conflit au Moyen-Orient a presque fait doubler les prix du gaz, l’Europe demeure dans une situation énergétique précaire, avertit Alfred Kammer, le directeur pour l’Europe du Fonds monétaire international (FMI). « Le prix de l’électricité reste déterminé par celui du gaz, regrette-t-il. Si les prix du gaz montent en raison du conflit dans le détroit d’Ormuz (…), ce choc touchera l’Europe et la question de savoir combien de temps [il] durera. »

Circonstance aggravante, le conflit démarre après un hiver froid qui a mis les stocks de gaz à travers l’Europe à 30 % de leur capacité, leur plus bas niveau pour cette période de l’année depuis une décennie. « C’est malheureux, une leçon qu’on a oubliée après le choc [ukrainien] », poursuit-il.

Dans ces circonstances, M. Kammer, qui était de passage à Paris, mercredi 11 mars, appelle l’Europe à ne surtout pas arrêter la transition vers les énergies renouvelables, mais, au contraire, à l’accélérer, afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures. Il pousse aussi au développement des interconnecteurs électriques entre les pays, pour renforcer la robustesse du système : « L’Europe a besoin d’un marché de l’énergie intégré, si vous voulez de l’énergie moins chère, plus propre et moins dépendante des importations, donc moins vulnérable aux chocs géoéconomiques extérieurs. »

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