Nastya Golubeva (Corinne) et Jean Dujardin (Jean) dans « Les Rayons et les ombres », de Xavier Giannoli.

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Partons de Virgile. Son Enéide, canon épique de la littérature latine, et plus largement occidentale, raconte les épreuves d’Enée, depuis la prise de Troie jusqu’à son installation dans le Latium. L’admiration est si durable que Victor Hugo, en 1840, vient y chercher le titre d’un de ses poèmes les plus connus, Oceano Nox – le texte latin évoque « la nuit qui surgit de l’océan » – consacré à la mort et à l’oubli des marins engloutis par la tempête. Ici, sa première strophe : « Oh ! Combien de marins, combien de capitaines/ Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines/ Dans ce morne horizon se sont évanouis/ Combien ont disparu, dure et triste fortune !/ Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune/ Sous l’aveugle océan, à jamais enfouis. »

Le poème paraît dans le recueil Les Rayons et les ombres (1840), par lequel Hugo, conforme à sa grandeur, entreprend de mêler la lumière et l’obscurité de la vie même, tels que le poète aurait pour vocation de les chanter. Plus tard encore, aujourd’hui même, le cinéaste Xavier Giannoli emprunte le titre de son nouveau film à ce volume, pour nommer une fresque de trois heures quinze située sous l’Occupation, et dont les deux figures principales vont, précisément, de la lumière à l’ombre, de l’idéalisme à l’ignominie. Jean et Corinne Luchaire, respectivement père et fille, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, existèrent vraiment.

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