Blanca Soroa (Ainara) dans « Les Dimanches », d’Alauda Ruiz de Azua.

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Drôle de carrière que celle d’Alauda Ruiz de Azua. Si la réalisatrice espagnole, née au Pays basque en 1978, a tourné ses premiers courts-métrages à partir de 2005, après des études dans une prestigieuse école de cinéma de Madrid, il a fallu attendre 2022 pour qu’elle sorte, enfin, son premier long-métrage, Lullaby, inédit en France. Sélectionné à la Berlinale, celui-ci remportera trois Goyas, les Césars espagnols.

Celle qui a fait carrière dans la publicité enchaîne avec Ce sera toi (2023), une comédie romantique, diffusée sur Netflix, dont elle n’a pas signé le scénario, puis avec Querer (2024), une série autour de la question du viol conjugal, diffusée en France sur Arte, qui lui vaut une reconnaissance internationale méritée. Son troisième long-métrage, Les Dimanches, est le premier à sortir en salle en France, auréolé des nombreux prix récoltés en festivals, aussi bien à Saint-Sébastien (Espagne), Montpellier qu’Angers, et de ses 13 nominations pour la prochaine cérémonie des Goyas, prévue fin février.

Cette ascension aussi tardive que fulgurante accompagne l’épanouissement d’un univers artistique dont se dessine peu à peu la cohérence thématique et esthétique. Alauda Ruiz de Azua aime se saisir de grands sujets sociétaux (la maternité, le consentement, la place de la religion…) pour en creuser avec beaucoup de nuances les répercussions au niveau le plus intime, à travers des histoires de famille. Sa mise en scène, d’une grande sobriété, est attentive à la parole autant qu’aux non-dits, captés dans les regards, les silences. Elle s’élabore sur une palette de couleurs restreinte, autour du gris, du marron, du violet.

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