Un quinquina (Cinchona officinalis), photographié chez le chercheur en botanique Roque Rodriguez à Trujillo, au Pérou, le 13 septembre 2018.

Imaginez une recette de cuisine dont vous connaîtriez les ingrédients, mais pas l’ordre dans lequel il faut les mélanger. Si vous vous lanciez dans sa réalisation, il y a de fortes chances que vous soyez déçu par le résultat. C’est à peu près la situation à laquelle sont confrontés les scientifiques qui cherchent à reproduire la synthèse de substances naturelles. Isolées à partir de plantes ou d’animaux, ces dernières ont fourni à la médecine un grand nombre de principes actifs, comme la plupart des antibiotiques ou des anticancéreux. Comprendre leur biosynthèse est un enjeu pour la recherche, mais aussi un défi complexe par son nombre de paramètres.

Dans un article publié dans la revue Nature, le mercredi 18 mars, une équipe de l’Institut Max-Planck d’écologie chimique à Iéna (Allemagne), dirigée par la biologiste Sarah O’Connor, expose comment elle a décrypté la synthèse de la quinine par les plantes du genre Cinchona, résolvant au passage un « cold case » scientifique vieux de plus de deux cents ans. Découverte par les chimistes français Joseph Pelletier et Joseph Caventou en 1820, la quinine a longtemps été le principal traitement antipaludique.

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