Une grenouille fléchette fantomatique (« Epipedobates tricolor ») au centre de conservation des amphibiens Jambatu, dans la localité de San Rafael, au sud-est de Quito, le 4 juillet 2017.

Blouse, gants, lunettes, hotte aspirante… Pour se protéger des réactifs chimiques qu’ils manipulent, les chercheurs bénéficient d’un attirail varié. D’autant plus quand il s’agit d’une toxine capable de provoquer la mort d’un être humain, comme l’épibatidine.

Cette molécule a été retrouvée chez la grenouille Epipedobates tricolor, espèce endémique de la région de Bolivar, en Equateur, de la famille des dendrobates. Elle se fixe au récepteur nicotinique de l’acétylcholine, une protéine du système neuromusculaire. D’ordinaire activée par cette protéine, l’ouverture du récepteur permet la contraction du muscle. En présence d’épibatidine, il s’ouvre et ne se referme plus, ce qui empêche toute décontraction, notamment celle du diaphragme, et entraîne le décès.

Les toxines sont une défense naturelle pour les dendrobates. Par un phénomène appelé « aposématisme », leurs couleurs vives alertent les prédateurs de leur toxicité et dissuadent de les toucher, encore plus de les avaler. « Tous les amphibiens sont toxiques, précise Christophe Dufresnes, herpétologue et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle à Paris. Chez la plupart d’entre eux, les toxines sont produites par des cellules spécialisées qui ne sont pas en contact avec le système circulatoire de l’animal. »

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