L’arrivée à vélo du socialiste Emmanuel Grégoire à l’Hôtel de ville de Paris, où il venait de se faire élire avec une confortable majorité (50,52 % des suffrages exprimés dans le cadre d’une triangulaire), restera comme l’une des images fortes du second tour des élections municipales, dimanche 22 mars.

Dans une configuration qui était loin de lui être favorable, l’ancien premier adjoint de la maire sortante, Anne Hidalgo, est parvenu à maintenir la capitale à gauche pour un cinquième mandat d’affilée en se passant d’une alliance avec La France insoumise et en jouant sur une subtile prise de distance avec celle qui l’avait précédé et avec laquelle il était en rupture de ban. Tout en assumant pleinement le changement écologique mené dans la capitale, Emmanuel Grégoire a implicitement promis plus d’attention et de proximité à ses administrés.

A Paris, mais aussi à Marseille, où la victoire de Benoît Payan (candidat du Printemps marseillais, proche des socialistes) a été éclatante, à Lille, à Montpellier, à Rennes… le PS peut s’enorgueillir d’avoir préservé ses bastions, d’avoir conservé Nancy, gagné en 2020, et enregistré quelques conquêtes, dont la plus symbolique est celle de Pau, face à l’ancien premier ministre (MoDem) François Bayrou. Il s’est néanmoins retrouvé plongé, dimanche soir, dans l’une de ces crises dont il a le secret. En cause : les accords passés avec les « insoumis » par plusieurs maires socialistes sortants en difficulté, notamment à Brest (Finistère), Clermont-Ferrand et Nantes. Un seul, celui conclu dans la préfecture de la Loire-Atlantique, s’est révélé payant. Les autres ont viré au désastre, mettant la direction du Parti socialiste (PS) sous le feu des critiques.

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Certes, Olivier Faure, qui avait exclu tout accord national avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, ne les avait pas officiellement encouragés, mais il ne les avait pas non plus désavoués, si bien que, au fil de la soirée, ses opposants internes ont haussé le ton, le mettant en très fâcheuse posture. « Jean-Luc Mélenchon est devenu le boulet de la gauche », a dû convenir, lundi 23 mars, sur BFM-TV, un premier secrétaire du PS très affaibli, tandis que Boris Vallaud, patron des députés socialistes, dénonçait son « manque de clarté » et que l’ancien président de la République François Hollande soulignait « l’impasse » dans laquelle se retrouve son parti.

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