L’écrivain Michel Houellebecq, à Paris, en 2024.

« Combat toujours perdant », de Michel Houellebecq, Flammarion, 72 p., 12 €, numérique 8,50 €.

Quatre ans après les 700 pages d’Anéantir (Flammarion, 2022) qui pesaient leur poids d’interrogations et discordes possibles entre lecteurs, fidèles ou déçus, du romancier star, Michel Houellebecq publie un nouveau livre, beaucoup plus court mais au titre aussi peu optimiste : Combat toujours perdant. C’est d’un recueil de poèmes qu’il s’agit, cette fois, et même de ce que l’on peut appeler une plaquette (en vers, pour l’essentiel), avec laquelle l’auteur revient en quelque sorte aux origines de son œuvre : la poésie grise et rimée des affres existentielles, là où il excelle à revisiter, avec une candeur feinte et toute l’ironie de rigueur, les canons baudelairiens et autres standards postromantiques du XIXe siècle français. C’est la même musique, en tout cas, qu’il fait entendre depuis Rester vivant : méthode (La Différence, 1991 ; rééd. Flammarion, 1997) et ses divers recueils repris par exemple dans l’anthologie Non réconcilié, publiée en 2014 dans la collection « Poésie/Gallimard » – soit une manière de consécration.

Il faut prendre la peine de l’écouter, cette drôle de musique, même si cela nous est devenu un peu plus difficile, avouons-le, tant l’image comme la voix du barde lyrique et trivial ont fini par se brouiller, à force d’exposition médiatique et de déclarations intempestives. Qu’est-ce alors que l’on entend ? D’abord les échos, de pièce en pièce, d’un même lexique de la fin, décliné selon toutes les modalités possibles : « mort », « chute », « monde condamné », « abîme sans pardon », « destruction ultime », « ruines », « effondrement », « néant audible », « rien », etc.

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