Noam Shuster Eliassi, dans une manifestation, image extraite du documentaire « Coexistence, mon cul ! », d’Amber Fares.

ARTE – MERCREDI 25 MARS À 23 H 25 – DOCUMENTAIRE

« J’ai travaillé aux Nations unies, j’essayais de faire la paix, j’ai échoué. Alors maintenant j’écris des blagues. » Le ton est donné. Noam Shuster Eliassi est entrée en humour comme d’autres en politique. Et chez cette jeune Israélienne élevée dans le village mixte de Neve Shalom-Wahat As-Salam, où l’on construisait la paix entre Juifs et Arabes en vivant ensemble, il est toujours question des deux.

C’est en obtenant en 2019 une bourse de l’université Harvard (Massachusetts) qu’elle s’y met pour de bon. Provocatrice, elle propose pour son premier one-woman-show le thème de l’humour pour favoriser le dialogue interconfessionnel. Banco. Le titre de son futur stand-up est déjà là : Coexistence, mon cul. « C’était d’abord une blague, explique-t-elle. Je voulais me moquer du mirage de consolider la paix. Car la “paix” en Israël-Palestine désigne une industrie de bons sentiments. » Une lente désillusion dont elle arrive encore à rire. Jusqu’à l’attaque du 7 octobre 2023. Mais la force du portrait documentaire d’Amber Fares, commencé en 2020, est qu’il avance en ignorant qu’une guerre terrible se prépare. Le spectateur, lui, le sait et cela crée un effroi abyssal. La trajectoire de Noam n’en apparaît que plus lucide et courageuse.

Il vous reste 67.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version