Des combattants de l’organisation Etat islamique et leurs familles marchent alors qu’ils se rendent, dans le village de Baghouz, en Syrie, le 12 mars 2019.

Première des 22 « revenantes » qui doivent être jugées devant la cour spéciale cette année, Océane Granger a été condamnée, mardi 10 mars, à cinq ans d’emprisonnement pour avoir rejoint le groupe Etat islamique (EI) avec son compagnon proche de la filière djihadiste parisienne des Buttes-Chaumont.

Océane Granger, 31 ans, comparaissait libre sous bracelet électronique. Amirouche Belounis, né en 1989 et supposé mort, était lui jugé par défaut. Il a été condamné à trente ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste et sa participation à une vidéo de propagande du groupe EI diffusée en juin 2016.

Le couple avait quitté la France avec son bébé en juin 2015 en suivant un itinéraire atypique grâce à de faux papiers belges fabriqués par la même officine que celle qui fournira des membres des commandos du 13 novembre 2015.

Devant la cour, l’accusée a reconnu avoir adhéré au projet du groupe EI en tant que mère et épouse.

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Les deux jours de procès ont retracé le parcours de cette adolescente à l’environnement familial « tendu », selon des experts entendus par la cour, affectée par la séparation de son père cordonnier et de sa mère aide à domicile.

A sa majorité, la « bonne élève » se convertit à l’islam puis rencontre en ligne Amirouche Belounis. Il est « fiché S » et déjà formé aux armes au Maghreb et gravite dans une « galaxie d’individus » à « la trajectoire terroriste majeure », résume une agente de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), celle de la filière des Buttes-Chaumont (quartier du nord-est parisien) qui comptait entre autres Chérif Kouachi et Peter Cherif.

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Bracelet électronique et suivi socio-judiciaire

Des éléments de preuve retrouvés par la coalition permettront d’établir qu’Amirouche Belounis a combattu en Irak. Selon le récit de l’accusée, il mourra, tout comme leur fils et leur fille née en 2016 à Raqqa, lors d’un bombardement quelques jours avant la prise par les forces kurdes de cette ville du nord de la Syrie dont l’EI avait fait la capitale de son « califat » transfrontalier.

Océane Granger restera sur zone jusqu’à 2019 et la chute de Baghouz, l’ultime bastion de l’EI. Elle bénéficiera du second rapatriement organisé par la France et, incarcérée à son retour en octobre 2022, celle qui aujourd’hui travaille et a repris des études, est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique.

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Le reliquat de la peine prononcée mardi, inférieur à deux ans, sera aménagé sous le même régime. La peine est assortie d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans.

La cour a relevé au moment du prononcé du verdict « la gravité des faits » et la durée de sa présence sur zone, notamment le fait d’avoir « secondé » son mari et « participé au califat et son idéologie terroriste », tout en soulignant « une reconnaissance des faits » et un « réel travail de remise en cause ».

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L’avocate général avait requis neuf ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt différé pour l’accusée, trente ans contre lui.

Le Monde avec AFP

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