Séance de masque LED dans le 48 Collagen Café, à Paris, le 18 février 2026.

Imaginons un instant que Roland Barthes ressuscite et se mette à plancher sur une nouvelle édition de ses Mythologies. Dans cet ouvrage paru en 1957, le sémiologue analyse la portée symbolique de la DS, du bifteck-frites ou du plastique, « objets » emblématiques de la France des années 1950.

Projeté dans le métro ou parmi les rayons d’un hypermarché en 2026, l’intellectuel aurait l’embarras du choix pour sélectionner les mythes de notre époque. Smartphone ? Labubu ? Barre protéinée ? A moins que celui qui estimait que « le langage est une peau » ait soudain envie d’entretenir la sienne et jette son dévolu sur un masque LED. Incognito sous cet accessoire à mi-chemin entre le déguisement de robot et le costume de tueur en série, Barthes pourrait faire l’expérience d’une fixette contemporaine en plein essor : celle de prendre soin de son épiderme à grand renfort de technologie.

Ces trois dernières années, les outils de beauté high-tech en général et les masques LED en particulier se sont taillé une place de choix dans le quotidien des Français, et surtout des Françaises. Placardés en 4 × 3 sur les panneaux publicitaires des grandes villes, exhibés dans des vidéos TikTok ou des posts Instagram d’influenceuses ou de stars comme Lily Collins (héroïne de la série Emily in Paris), installés en bonne place dans les rayons des magasins d’électroménager, ils font désormais partie intégrante de la routine skincare (« soin de la peau »).

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