L’offensive déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran est présentée comme une guerre menée dans l’intérêt des deux peuples israélien et iranien, c’est-à-dire dans le but, d’une part, de prévenir l’attaque de la République islamique contre Israël et, de l’autre, de libérer les Iraniens du joug de ce régime.

Ce récit est formaté par l’opposition simple entre deux camps : d’un côté, un régime dénoncé comme source du mal ; de l’autre, des puissances agissant au nom des peuples. Face à cette alternative, il ne resterait qu’à choisir son camp. Dans un premier temps, une partie des sociétés concernées – en Israël comme en Iran – a pu en effet accueillir favorablement l’offensive en y voyant le moyen d’atteindre la paix et la liberté. Mais cette promesse mérite d’être interrogée. Au Moyen-Orient, de telles guerres ont été invoquées à maintes reprises par des dirigeants du « camp du bien ». Pourtant, d’une guerre à l’autre, la paix promise n’a jamais vu le jour. Elle a plutôt laissé la place à une succession de crises, de destructions et de nouvelles violences.

Que la République islamique d’Iran soit un régime oppressif, responsable de terribles crimes contre sa population civile et de déstabilisations régionales, ne fait guère de doute. Mais faut-il pour autant considérer ceux qui prétendent mener la guerre actuelle contre elle comme les représentants du « bien » et agissant dans l’intérêt des peuples ? L’histoire récente des interventions des Etats-Unis et de leurs alliés dans la région, de l’Irak à la Libye, invite à la prudence : elles ont souvent servi des intérêts stratégiques propres aux administrations américaines tout en laissant derrière elles des sociétés profondément fragilisées.

La doctrine « America first » de Donald Trump et la politique internationale qu’il a mise en œuvre dès le début de son mandat révèlent une orientation impérialiste qui semble nettement en contraste avec la prétention de s’engager dans une offensive dans l’intérêt des peuples du Moyen-Orient.

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