LA LISTE DE LA MATINALE

Nous parlons tous le « La Fontaine » sans le savoir. Jean de La Fontaine (1621-1695), pilier des récitations ânonnées genoux flageolants, dos au tableau noir, face à sa classe de CE2 ou de CM1, est aussi l’un des plus célèbres poètes du XVIIᵉ siècle. Surtout, de manière étonnamment forte, il est notre contemporain à travers le langage. Ses quelque 240 fables marquent encore puissamment le français du XXIe siècle, l’émaillant d’expressions dont, pour nombre d’entre elles, nous avons oublié qu’elles sont de sa création. Au point, parfois, qu’on les emploie à mauvais escient. Rendons donc à La Fontaine ce qui est à La Fontaine.

Les fables que l’on connaît

C’est généralement la « morale » de la fable, ou ce que l’on a appelé ainsi, que nous avons le plus facilement retenue, les siècles et l’usage l’ayant transformée en dicton, en sagesse populaire, et finalement en culture partagée. Contrairement à une idée reçue, cette morale se trouve rarement en conclusion du poème. « La raison du plus fort est toujours la meilleure » est le premier vers du Loup et l’Agneau. Mais c’est également dans cette histoire que le loup déclare, à l’adresse de la jeune brebis terrifiée qui se défend d’avoir médit de lui : « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère ! », expression qui a fait florès – mais peut-être pas autant que le dernier vers de la fable, qui voit le loup dévorer l’agneau « sans autre forme de procès ».

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