« Sell America » (« vendez l’Amérique »). Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le mouvement prend de l’ampleur. Refroidis par la politique du gouvernement américain, des investisseurs institutionnels ont décidé d’alléger leur exposition au pays en vendant leurs obligations souveraines.
C’est le cas notamment des fonds de pension suédois, Alecta, et danois, AkademikerPension, mais aussi de la Chine, qui a quasiment divisé par deux ses titres de créance américaine en treize ans (1 300 milliards de dollars en 2013, soit 1 096 milliards d’euros, contre 680 milliards mi-février 2026).
En France, les particuliers s’interrogent aussi. S’ils sont peu exposés à la dette américaine, il s’agit surtout pour eux de décider de leur niveau d’exposition aux actions américaines. Un choix loin d’être anodin, compte tenu de l’agitation des marchés depuis le début de l’année.
Pour les uns, c’est une question de principe. « De nombreux politiciens américains voient l’Europe comme un adversaire, et je ne vois pas pourquoi mon argent devrait aider leur richesse », cingle un investisseur sur un forum Reddit. Ce chauvinisme financier, un brin naïf, ne camoufle pas l’inquiétude qui monte chez les épargnants. « Ils se rendent compte des bouleversements majeurs à l’œuvre, relate Guillaume Garabedian, responsable gestion conseillée et produits structurés de Meeschaert Gestion Privée. Des alliances mondiales sont ébranlées par la politique américaine et la contestation croissante de l’hégémonie des Etats-Unis par les BRICS, ainsi que d’autres pays du Sud, qui n’acceptent plus l’ordre mondial établi. »
A ces perturbations s’ajoute le discours politique en France, qui prône une indépendance stratégique dans plusieurs secteurs, renforçant l’intérêt de se retirer du pays de l’Oncle Sam au profit des besoins de l’Hexagone.
Inquiétudes sur l’IA
Au-delà de toute idéologie, le mouvement « Sell America » trouve aussi des justifications purement financières. La dette américaine, traditionnellement perçue comme sécurisante, est devenue incontrôlable et tutoyait dangereusement les 39 000 milliards de dollars mi-février.
Il vous reste 63.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


