Vents mauvais à Paris, avis de dérèglement démocratique sur le pays. Ce matin de février, emmitouflé dans son pardessus de campagne, Bertrand Delanoë alterne sourires enjôleurs et paroles graves sur le marché Maubert, dans le 5e arrondissement, en bordure du boulevard Saint-Germain : « L’enjeu aujourd’hui, et nous en sommes là, c’est la démocratie, la République et les valeurs universelles. » Sous un ciel pluvieux et chargé de colère, la popularité de l’ancien maire de Paris semble intacte chez le primeur et la plupart de ses clients : « Ah… mais vous revoilà, la bonne nouvelle ! » Elle l’est un peu moins auprès de cette dame du quartier, qui cingle : « Je vous connais, c’est vous qui avez commencé à nous emmerder avec la bagnole.

Oh vous savez, je n’ai plus de voiture. A Paris, ce n’est pas tellement utile, comme ça, on ne pollue pas. Moi, je prends le métro. Et puis pour votre santé, c’est mieux. »

Deux morceaux de fromage avalés, quelques mains serrées chez le charcutier aux étals « qui donnent sacrément envie de faire des écarts », un salut au traiteur grec, puis un repli clope au bec – « pas plus de dix par jour » – chez les gérants en difficulté financière de la librairie écolo Utopia, aux côtés d’Emmanuel Grégoire, son ancien chef de cabinet, qu’il aimerait voir s’installer à l’Hôtel de ville, et de la candidate socialiste à la mairie du 5e arrondissement, Marine Rosset. Silhouette affûtée par une pratique assidue de la natation, Bertrand Delanoë questionne les libraires, écoute, et tranche : « La ville ne peut pas être heureuse sans commerces culturels qui marchent, je suis certain qu’Emmanuel y veillera. »

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