Plus de deux semaines après le début de l’intervention militaire américano-israélienne en Iran, le blocage par les gardiens de la révolution du détroit d’Ormuz, où transitent habituellement 20 % de la production mondiale de pétrole, fait trembler l’économie internationale. Si Donald Trump s’active pour forcer la réouverture de ce passage du golfe Arabo-Persique en faisant escorter les tankers par des navires de guerre, l’incertitude sur la réussite d’une telle opération n’éloigne pas les menaces qui planent sur la plupart des secteurs d’activité économique. En particulier les gros consommateurs d’énergie, et notamment le transport aérien, et son corollaire, le tourisme, tous deux confrontés à un double choc.

Lire aussi | EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Israël mène des attaques aériennes et des excursions terrestres au Liban et poursuit les bombardements sur l’Iran

Le premier est économique. L’aviation est ultrasensible au prix du baril de kérosène, qui représente habituellement 25 % des coûts d’exploitation. Certes, certaines compagnies aériennes, en particulier européennes, sont en partie protégées par des systèmes d’assurances appelées « couvertures », visant à fixer, pour des périodes futures, un prix du kérosène inférieur au prix du marché. Mais ces protections ne couvrent pas la totalité des besoins et n’ont qu’une durée limitée.

La facture carburant augmente donc pour tous les transporteurs, alors que la demande de voyages va immanquablement ralentir sous l’effet de la hausse des prix des billets d’avion pour compenser la flambée du prix du pétrole et des inquiétudes des particuliers pour leur pouvoir d’achat. Un « effet ciseau » qui tombe au plus mauvais moment pour les acteurs du secteur : celui des prises de réservations pour la saison printemps-été, période où ils engrangent habituellement l’essentiel de leurs bénéfices de l’année.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Guerre au Moyen-Orient : Air France-KLM, Corsair et plusieurs autres compagnies aériennes ajoutent une « surcharge pétrole » aux billets d’avion

Aussi, si le prix du baril restait plusieurs mois autour de 100 dollars (environ 87 euros), son niveau d’aujourd’hui, voire grimpait encore – certains analystes prévoient un prix de 150 dollars –, les conséquences seraient lourdes : risque de faillite pour les opérateurs les plus fragiles, suppressions de vols, plans d’économies, menaces sur l’emploi, reports de réception d’avions neufs… Un cercle vicieux qui dépendra de l’ampleur de l’envolée des prix du brent, de la durée du choc pétrolier et de facto de celle du blocage d’Ormuz, et de la capacité des pays du Golfe à protéger leurs infrastructures pétrolières.

Il vous reste 61.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version