
Aux Beaux-Arts de Paris, dans le dédale des bâtiments et cours classés, flottent encore les fantômes des artistes qui y ont forgé leur génie : Jean-Auguste-Dominique Ingres, Jean-Baptiste Carpeaux, Constantin Brancusi, Henri Matisse… Tout ici, de la chapelle au grand amphithéâtre jusqu’au bureau historique de la direction – démesuré –, respire un prestige d’un autre temps. Derrière le vernis, pourtant, l’école installée en 1817 sur le quai Malaquais, dans le 6e arrondissement, craque de partout, sur le plan bâtimentaire comme budgétaire.
Sous les cours d’honneur et Bonaparte, les canalisations menacent de rompre à tout moment. « On ne peut plus y passer de camions », déplore Eric de Chassey, nommé en juillet 2025 à la tête de l’établissement. Ce dernier a pu in extremis décrocher une enveloppe exceptionnelle de 12,5 millions d’euros pour leur réfection, qui doit commencer fin 2026, pour une durée de six mois. Il faudra ensuite enchaîner avec la rénovation plus qu’urgente du Palais des études, dont les fondations en pieux de chêne s’enfoncent, fragilisant tout l’édifice. La facture est salée, 70 millions d’euros. Eric de Chassey en est convaincu, pour convaincre le ministère de la culture d’aligner les zéros, « il faut un projet ».
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