
Les séparatistes au Yémen ont annoncé vendredi 2 janvier le début d’un processus de deux ans vers l’indépendance du Sud après s’être emparés de vastes pans de territoires ces dernières semaines. « Partant du désir et de la volonté de notre peuple du Sud de restaurer et proclamer son Etat (…) nous annonçons l’entrée dans une phase transitoire d’une durée de deux ans », a déclaré le président du Conseil de transition du Sud (STC), Aidroos Al-Zubaïdi dans une déclaration télévisée.
Aidroos Al-Zubaïdi a appelé la communauté internationale à parrainer un « dialogue » entre les différentes parties, avertissant que le groupe déclarerait « immédiatement » l’indépendance si l’appel au dialogue n’était pas entendu ou si le sud du Yémen était de nouveau l’objet d’« agressions militaires ».
Le chef séparatiste a affirmé que la période de transition comprendrait notamment l’organisation d’un référendum d’autodétermination, alors qu’une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990 dans le sud du pays.
Frappes saoudiennes
Plus tôt dans la journée, le mouvement séparatiste, soutenu par les Emirats arabes unis, a fait état auprès de l’Agence France-Presse (AFP) de nouvelles frappes saoudiennes à Al-Kasha sur ses troupes, faisant 20 morts parmi les membres de ses forces. Un premier bilan faisait état de sept morts.
Il s’agit des premières pertes humaines infligées par Riyad, allié au gouvernement yéménite, au STC depuis que ce dernier a pris le contrôle en décembre de territoires dans la province riche en pétrole de Hadramaout, frontalière de l’Arabie, ainsi que dans la région voisine de Mahra.
Le chef du STC pour les régions de Wadi et du désert de Hadramaout, Mohammed Abdelmalek, a également fait état d’une attaque au sol − repoussée selon lui − par des « milices » islamistes et le groupe djihadiste Al-Qaida.
Cette offensive des séparatistes du STC, qui font pourtant partie de la coalition gouvernementale, a suscité la colère des autres factions au sein du gouvernement et de Riyad, attisant les tensions entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
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Abou Dhabi a cependant affirmé en fin d’après-midi être déterminé à œuvrer à une « désescalade », disant notamment avoir retiré ses dernières forces du Yémen, où elles avaient été déployées dans le cadre de la coalition.
« Mettre fin à l’escalade »
Le porte-parole militaire du STC, Mohamed Al-Naqib, a parlé quant à lui d’une « guerre existentielle ». Une source au sein du STC a fait état plus tard de frappes contre une autre base et un aéroport à Seyoun, une ville de l’Hadramaout aux mains du mouvement. Des témoins ont parlé de combats dans le secteur.
Un peu plus tôt, le gouverneur de l’Hadramout, Salem Al-Khanbashi, avait annoncé une opération terrestre des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie visant à prendre le contrôle de bases militaires dans la région de l’Hadramaout de « manière pacifique ».
Des sources saoudiennes ont confirmé que les premières frappes de vendredi avaient été menées par la coalition dirigée par Riyad, initialement mise en place en 2015 pour soutenir le gouvernement face aux rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, qui se sont emparés de la capitale, Sanaa, en 2014, puis de larges pans du nord du pays.
Une source proche de l’armée saoudienne a affirmé à l’AFP que l’opération « ne s’arrêtera pas tant que le CST ne s’est pas retiré des deux régions ». Riyad a exhorté à plusieurs reprises le STC à se retirer des régions conquises. Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage ce pays le plus pauvre de la péninsule Arabique, déjà dévasté par des années de guerre.


