
En découvrant le nouveau spectacle de Chloé Oliveres, Mon côté Wertheimer [Les mères poules ne font pas des mouettes], on ne peut s’empêcher de penser au livre d’Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth (Editions du sous-sol), phénomène littéraire vendu à près de 200 000 exemplaires depuis sa sortie, en février 2025 : même personnage central, une arrière-grand-mère internée, même volonté de mener une enquête psychogénéalogique, même problématique des secrets familiaux et même peur que la folie se transmette de génération en génération. Cette pure coïncidence (la comédienne a travaillé son seule-en-scène bien avant la sortie de l’ouvrage d’Adèle Yon) dit beaucoup d’une nouvelle génération de femmes qui s’emparent du matrimoine et explorent le sujet tabou de la santé mentale dans l’histoire des familles.
« Longtemps, j’ai eu peur de devenir folle », confie Chloé Oliveres devant un grand panneau blanc ajouré de courbes tortueuses. Elle se met alors en tête de chercher d’où vient cette peur et remonte le fil de son héritage psychique. Après un premier seule-en-scène remarqué, Quand je serai grande, je serai Patrick Swayze, récit d’apprentissage et d’émancipation d’une adolescente biberonnée aux comédies romantiques, cette actrice lumineuse poursuit une traversée intime, cette fois davantage théorisée, en interrogeant le lien entre la fragilité psychologique de ses aïeules et les destins et désirs contrariés des femmes dans une société patriarcale.
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