Une attaque par des hommes armés a fait 20 morts parmi une équipe de sécurité, dans l’Etat de Plateau au Nigeria, a affirmé, dans un communiqué publié samedi 14 mars, l’Association pour le développement de Kanam (KADA) qui défend les intérêts des populations locales.
Cette région située au centre du pays est minée est confrontée à diverses menaces sécuritaires : affrontements entre communautés agricoles et pastorales mais aussi gangs criminels – localement appelés « bandits » – qui tuent, kidnappent, pillent et terrorisent les villageois.
La KADA a expliqué que l’attaque a eu lieu vendredi, vers 14 heures locales, à Wanka et dans des villages voisins, dans la zone de gouvernement local de Kanam. Une équipe de sécurité composée de militaires et de miliciens locaux à bord de deux véhicules « ont été pris en embuscade » par « un groupe important de bandits lourdement armés, comptant plusieurs centaines d’individus », a précisé Shehu Kanam, secrétaire de l’association, dans le communiqué.
« Environ 12 membres des forces de sécurité, dont deux officiers supérieurs, ont été tués. De plus, huit membres des milices (…) ont également perdu la vie », a ajouté M. Kanam. Selon la KADA, les criminels ont ensuite « pris d’assaut la communauté de Kyaramt, où ils ont emporté des biens, dont un grand nombre de têtes de bétail ».
Une attaque qui n’est « pas un cas isolé »
Un porte-parole de l’armée, le capitaine Chinonso Polycarp Oteh, a confirmé l’attaque à l’Agence France-Presse (AFP) ainsi que la mort de soldats sans toutefois préciser leur nombre. Selon lui, lors de l’affrontement, les forces de sécurité ont « infligé de lourdes pertes » aux criminels, notamment « en touchant leurs moyens logistiques et en détruisant la plupart des enclaves terroristes identifiées ».
L’association KADA a affirmé que l’attaque menée vendredi n’était « pas un cas isolé », ces localités étant situées sur les zones frontalières entre les Etats de Plateau, Taraba et Bauchi, « victimes d’attaques répétées, de vols de bétail, d’enlèvements et de destructions de biens » depuis « trois ou quatre ans ». C’est sur une base militaire située à Bauchi que sont arrivés en février les quelque 200 soldats américains venus pour former l’armée nigériane dans sa lutte contre les groupes djihadistes.
La dégradation de la situation sécuritaire dans la moitié nord du Nigeria ces derniers mois a poussé le président Bola Tinubu à déclarer l’état d’urgence. Ces troubles ont également provoqué une intervention des Etats-Unis qui ont mené des frappes aériennes le jour de Noël sur des campements présumés de criminels et de djihadistes dans le Nord-Ouest.

