Sharma Oli, emmené à l’hôpital depuis le commissariat de police du district, après avoir été placé en garde à vue par les forces de l’ordre, à Katmandou, le 28 mars 2026.

L’ancien premier ministre du Népal, Sharma Oli, a été arrêté, samedi 28 mars matin, avec son ancien ministre de l’intérieur, Ramesh Lekhak, pour leur implication supposée dans la répression meurtrière des manifestations de septembre 2025, qui les ont chassés du pouvoir. « La procédure se poursuivra conformément à la loi », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole de la police de Katmandou.

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Ces interpellations interviennent au lendemain de l’entrée en fonction comme premier ministre du centriste Balendra Shah, rappeur de 35 ans devenu maire de Katmandou. Son parti a raflé une majorité absolue aux élections législatives, les premières organisées depuis le soulèvement de septembre.

Dans un rapport rendu public jeudi, une commission d’enquête avait recommandé des poursuites pénales contre M. Oli, son ministre de l’intérieur et le chef de la police.

Plus de 2 400 blessés

Au moins 77 personnes ont été tuées et plus de 2 400 blessées lors de deux jours d’émeutes les 8 et 9 septembre 2025, selon un bilan officiel. Le 8 septembre, des milliers de jeunes réunis sous la bannière de la Génération Z étaient descendus dans les rues de Katmandou et de villes du pays pour dénoncer le blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites. Au moins 19 manifestants ont été tués par balles dans la capitale, et des dizaines d’autres blessés.

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Le 9 septembre, la foule en colère avait détruit, incendié ou pillé de nombreux bâtiments publics, dont le parlement. Le calme était revenu le soir avec le déploiement de l’armée. La commission d’enquête n’a pas « pu établir s’il y avait eu un ordre formel d’ouvrir le feu », mais elle a considéré « qu’aucun effort n’a été fait pour arrêter ou maîtriser les tirs ».

Le communiste Sharma Oli, 74 ans, a nié à plusieurs reprises avoir ordonné à la police d’ouvrir le feu sur les manifestants. Lors de sa campagne infructueuse pour sa réélection, il avait blâmé, auprès de l’AFP, des « infiltrés » pour ces violences.

« Cette arrestation est de la vengeance, je vais mener une bataille judiciaire, préparez-vous », a affirmé M. Oli à ses avocats, selon le site d’informations népalais Onlinekhabar.com samedi.

Nouvelle génération de dirigeants

L’arrivée au pouvoir de Balendra Shah, érigé en porte-parole de la contestation des jeunes, et de son Parti national indépendant (RSP), marque l’avènement d’une nouvelle génération de dirigeants. Lors de sa première réunion vendredi, le cabinet de M. Shah a décidé de suivre les recommandations de la commission d’enquête rendues la veille.

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« Personne n’est au-dessus de la loi… Ce n’est pas une vengeance contre qui que ce soit, juste le début de la justice », a réagi sur Instagram le nouveau ministre de l’intérieur, Sudan Gurung, figure majeure des manifestations.

Quatre fois premier ministre depuis 2015, Sharma Oli a connu une carrière politique de presque six décennies. Il est devenu la cible principale des manifestations de septembre, les plus meurtrières depuis la fin de la guerre civile au Népal en 2006.

Dans sa lettre de démission le 9 septembre 2025, il avait affirmé espérer que son départ aiderait « à avancer vers une solution politique et la résolution des problèmes ».

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Le Monde avec AFP

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