Ali Jichi était en chemin vers le centre de santé primaire de Bourj Al-Qalaouiyé, dans le sud du Liban, samedi 14 mars, après le repas de rupture du jeûne de ramadan. « J’ai vu le missile arriver de la mer. Son explosion a illuminé la zone. J’ai trouvé un premier martyr, puis deux autres, et d’autres encore », raconte le secouriste de 35 ans, devant la carcasse éventrée de l’immeuble de quatre étages. Douze médecins, ambulanciers et infirmiers ont été tués, et une personne blessée, dans la frappe qui a détruit ce centre appartenant à l’Autorité islamique de santé, une organisation affiliée au Hezbollah.
L’une des victimes était son père, Hassan Jichi, âgé de 55 ans. « Israël n’a pas respecté et ne respectera jamais le droit humanitaire international, accuse Ali Jichi, lors d’une visite organisée sur le site par le Hezbollah. Mais nous poursuivons notre mission sociale. Nous ne nous laisserons pas décourager car c’est notre devoir. »
Cette attaque est la plus meurtrière ayant visé le personnel médical depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah, le 2 mars. Au moins 32 professionnels de santé figurent parmi les 850 victimes de ce conflit, selon le ministère de la santé libanais. Ce dernier a accusé Israël de « cibler » de façon répétée les ambulanciers en intervention. Israël avait déjà tué au moins 163 membres du personnel médical au Liban lors du conflit de 2023-2024 avec le Hezbollah. En 2024, Human Rights Watch a estimé que les attaques répétées d’Israël contre le personnel médical et les établissements de santé au Liban pourraient constituer des crimes de guerre.
Crimes de guerre
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