
Entre opulence et disette, selon que les années sont paires ou impaires : c’est ainsi qu’a oscillé, pendant des années, le marché de la BD en France. Tout dépendait très directement de la publication métronomique – tous les deux ans à l’automne – du nouvel album d’Astérix. Les années « avec » évoquaient, comme dans Astérix chez les Helvètes (1970), le gros coffre-fort rempli à ras bord de sesterces du gouverneur Gracchus Garovirus, et les années « sans » les rares piécettes collectées par les impôts qu’il gardait dans une minuscule tirelire avant de les envoyer à Rome. Mais aujourd’hui, même les ventes stratosphériques des aventures du petit Gaulois ne parviennent plus à doper le marché. Et pourtant les Editions Albert René, filiales à 100 % d’Hachette Livre depuis 2011, en vendent toujours en moyenne près de 1,6 million d’exemplaires.
2005 a constitué une année « avec » puisque le 41e album de la série, Astérix en Lusitanie, scénarisé par Fabcaro et dessiné par Didier Conrad, a été publié le 23 octobre 2025. Or, selon le cabinet NielsenIQ BookData, le chiffre d’affaires du secteur, qui inclut aussi les mangas, a baissé de 5,5 % à 790,4 millions d’euros en 2025 et a dégringolé de 8,6 % en volume à 68,3 millions d’albums.
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