Anthony Vaccarello, à Paris, en mars 2026.

En 2025, empêtrées dans une crise économique qui s’éternise, presque toutes les grandes marques de luxe ont renouvelé leur directeur artistique. Mais pas Saint Laurent. Anthony Vaccarello fêtera en avril ses dix ans à la tête de la griffe du groupe Kering – une longévité devenue exceptionnelle dans le secteur. Lors de la fashion week automne-hiver 2026-2027, qui s’est terminée le 10 mars à Paris, les autres labels de mode du conglomérat – Gucci, Balenciaga, Bottega Veneta, McQueen – ont dû subir les désagréments qu’engendrent les changements de designer : une image brouillée, une clientèle parfois déstabilisée. Au milieu de ces remous, Saint Laurent tient son cap.

Le 3 mars, Anthony Vaccarello a présenté une collection de femmes rêvées, sensuelles et conquérantes dans des robes en dentelle ou en costume, déambulant sans trembler dans leurs escarpins vertigineux sur un podium installé face à la tour Eiffel. Des images saisissantes qui, tout en s’intégrant à l’histoire de Saint Laurent, nourrissent sa légende. On en oublierait presque qu’il a fallu plusieurs années à Anthony Vaccarello pour atteindre ce résultat. Sa trajectoire au sein de la maison est à ce titre doublement singulière : Kering lui a laissé du temps et, contrairement aux nombreux designers qui cherchent en vain à exprimer la modernité d’une maison historique, lui a eu un déclic.

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