
Emmanuel Macron a affirmé jeudi 12 février vouloir comprendre pourquoi la « clarté » n’avait pas été faite « plus tôt » sur le cas d’un diplomate français cité à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein. Fabrice Aidan avait été visé par une enquête du FBI pour consultation d’images pédopornographiques en 2013, révélée par le site 20 Minutes et Mediapart.
Interrogé pour savoir comment ce diplomate pouvait encore être en fonction malgré des signalements passés, le chef de l’Etat a estimé que c’était « inacceptable ». « S’il est vrai que l’administration avait des informations il y a plusieurs années, des choses auraient dû être faites », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’un sommet européen, assurant avoir « découvert » cette affaire.
Selon les documents consultés par l’Agence France-Presse, le nom de Fabrice Aidan apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, dont les premiers remontent à 2010, alors qu’il travaillait aux Nations unies, détaché par la France. Son avocate a affirmé que son client conteste « l’entièreté des accusations portées à son encontre ».
« Savoir [pourquoi] des dispositions n’ont pas été prises plus tôt »
Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a signalé les faits à la justice française et lancé une enquête administrative ainsi qu’une procédure disciplinaire, précisant que Fabrice Aidan était actuellement en disponibilité pour convenances personnelles.
« Le ministre a eu raison de prendre les dispositions qu’il a prises et je lui ai demandé qu’il fasse toute la clarification pour savoir [pourquoi], compte tenu de ce qui apparemment était su, des dispositions n’ont pas été prises plus tôt », a expliqué Emmanuel Macron. « Mais moi, je réagis comme vous, j’ai découvert comme vous cette affaire », a-t-il dit à des journalistes.
La mention du nom de quelqu’un dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les millions de documents rendus publics par la justice américaine font état à tout le moins des liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage.


