
Un juge a annulé, mardi 3 février, l’audience prévue le lendemain à New York avec des victimes de l’affaire Jeffrey Epstein qui déploraient que des documents privés les concernant aient été rendus publics par le gouvernement américain.
Dans un courrier aux avocats consulté par l’Agence France-Presse (AFP), le juge Richard Berman justifie l’annulation par le fait que le ministère de la justice s’est mobilisé « de manière rapide et de façon à protéger efficacement les victimes contre tout préjudice supplémentaire ». Les informations ainsi retirées faisaient partie de la nouvelle vague de quelque 3 millions de documents publiés depuis le week-end.
Après cette publication massive, Donald Trump a appelé mardi les Américains à tourner la page. « Je pense qu’il est temps pour le pays de passer peut-être à autre chose, comme le système de santé ou quelque chose qui importe aux gens », a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche.
Une quarantaine de photos sexuellement explicites
Identités, photos… Certaines victimes, une centaine selon leurs avocats, avaient été outrées de voir des documents les concernant sortir sans aucune précaution. Une centaine de victimes déclarées ont vu leurs vies « bouleversées » par ces publications, selon un courrier des avocats, cité lundi soir par The New York Times.
Dimanche, le journal avait notamment fait état de la publication d’une quarantaine de photos de jeunes femmes nues, possiblement des adolescentes, émanant d’une « collection personnelle ».
Dans un courrier au juge daté de lundi, la ministre de la justice, Pam Bondi, assure que tous les « efforts sont en cours pour protéger la vie privée des victimes ». « Tous les documents dont le retrait a été demandé par des victimes ou leurs avocats » ont été retirés et le ministère « continue de traiter toute nouvelle demande ». Il mène en outre « ses propres recherches afin d’identifier tout autre document susceptible de nécessiter des coupes supplémentaires ».
Le ministère a entrepris vendredi la publication d’une nouvelle masse de documents concernant Jeffrey Epstein, affirmant avoir ainsi respecté l’obligation imposée à l’administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier explosif.
Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels. Sa mort a alimenté d’innombrables théories du complot, selon lesquelles il aurait été assassiné pour protéger des personnalités de premier plan.


