
Le 1er mars 1976, Adele Goldberg publie un article de recherche intitulé « Personal dynamic media » (« média personnel dynamique »). La jeune femme, alors âgée de 31 ans, y jette les bases de l’ordinateur personnel moderne, avec sa souris, ses fenêtres superposées, l’ascenseur faisant défiler les textes, etc. Une vision étrange et renversante à l’époque, qui influencera la conception du logiciel Mac OS – un tournant dans l’histoire de la démocratisation de l’informatique.
La jeune femme cosigne cet article avec Alan Kay, un autre pionnier, qu’elle remplacera deux ans plus tard à la tête du légendaire Learning Research Group (groupe de recherche sur l’apprentissage). Elle est au cœur de la révolution informatique en cours. Comment aurait-elle pu imaginer cela dix ans plus tôt ?
En 1967, la jeune femme, étudiante en mathématiques à Chicago, ne veut pas suivre les traces de sa mère, enseignante. Elle aime voyager et note un point commun à chacun des pays qu’elle visite : un gros bâtiment IBM. Elle finira donc ses études dans l’informatique. Ne lui manque plus qu’une bourse. Or, « les femmes n’en obtiennent pas à cette époque » dans ces disciplines, se souvient Adele Goldberg dans un entretien pour le Musée de l’histoire de l’informatique. « Sauf qu’avec la guerre du Vietnam, beaucoup d’hommes sont enrôlés. Les universités sont forcées de prendre des femmes », évoque-t-elle.
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