Un de plus. En quelques secondes, un avion se hisse dans le ciel catalan, juste après l’envol d’un autre aéronef de l’aéroport de Barcelone. Qu’importe le passage de l’appareil, dont le vent disperse le bourdonnement lointain : les mouettes qui voguent sur les bassins de décantation de la station d’épuration du Baix Llobregat, de l’autre côté du fleuve Llobregat, sont comme imperturbables. « On a beaucoup d’oiseaux qui viennent là », soupire Angels Vidal, la directrice de ces installations exploitées par la société Aigües de Barcelona (groupe Veolia), en longeant l’une des 14 cuves circulaires prisées par les volatiles du delta.
A ce stade, l’eau est déjà passée par plusieurs phases. On y a éliminé, entre autres, les éléments gras, à l’instar des déchets les plus gros et des particules en suspension. « L’eau épurée est déjà très claire et répond aux normes requises pour être rejetée en mer », indique la responsable en chasuble fluo. Mais l’usine, blottie dans une zone logistique et industrielle sillonnée par les poids lourds, à quelques kilomètres du cœur historique de Barcelone, n’est pas une station d’épuration ordinaire : tous les effluents ne rejoignent pas les flots azur de la Méditerranée toute proche, une partie faisant l’objet de traitements supplémentaires pour pouvoir être réemployée.
Cette pratique de réutilisation des eaux usées traitées est devenue un pilier de la gestion de l’eau en Catalogne, au côté du dessalement. La communauté autonome, très exposée au dérèglement climatique, fait figure de fer de lance en Europe en la matière. En 2024, quelque 43 millions de mètres cubes ont été ainsi réemployés sur les 245 millions traités par les stations d’épuration d’Aigües de Barcelona (18 %), qui opère dans l’aire métropolitaine de Barcelone.
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